La une Société

A Kinshasa, l’ouverture du procès Kamuina Nsapu  

Nov 25, 2017 Rédaction Africa News

Bakenga Tujibikili, l’homme qui a réorganisé le mouvement après le chef Mpadi tué lors d’un affrontement avec la Police en août 2016, a recruté les hommes avant de semer la terreur dans la capitale en attaquant tour à tour le Parquet de Matete, la Prison de Makala…et le grand marché

Alors que tout le monde attend de connaitre la vérité sur la mort de deux experts de l’ONU, la Suédoise Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, tués au Kasai Central, théâtre des atrocités perpétrées par le Mouvement Kamuina Nsapu, c’est un procès très attendu et hautement symbolique qui s’ouvre ce vendredi 24 novembre 2017 à la Cour d’ordre militaire à Kinshasa. Mais ce n’est pas le procès du chef traditionnel Jean-Pierre Mpadi, initiateur du Mouvement terroriste Kamuina Nsapu, qui a attaqué des édifices publics et abattu des éléments de la Police nationale avant d’être tué à son tour en août 2016, à Tshimbulu, après des heures d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Quelques semaines après, un de ses lieutenants, un certain Bakenga Tujibikili, entreprendra de réorganiser ces bandes armées, avec la présumée collaboration de quelques féticheurs dont Thomas Nkashama, Alphonse Mputu Kongolo, André Mutombo ou Bakajuka Mulenda, tous aujourd’hui  aux arrêts à Kinshasa. Sur leurs épaules risque cependant de peser tout le poids d’une affaire dont on ignorait alors qu’elle préfigurait une menace terroriste tant pour le Grand Kasai que pour le reste de la République Démocratique du Congo.  Au Kasai, ces hommes sans foi ni loi ont pillé, égorgé, décapité, contraint une femme à s’accoupler en public avec son fils, incendié des villages entiers, enrôlés des mineurs…

A Kinshasa, où ils ont, une fois de plus utilisé les méthodes purement terroristes en installant la terreur dans le chef de la population, ils ont attaqué successivement le point chaud de la Police en face du siège de l’UDPS à Limete, le Parquet de Matete, la Prison de Makala, le Parquet de Kalamu… et le marché central dont l’ancien administrateur a été tué à bout portant.  Des méthodes qui, en France, par exemple, avec les affaires Merah ou Abdelkard, ont suscité la solidarité de presque tous les dirigeants de la planète au point d’occasionner un déplacement collectif et spontané de Paris en vue de soutenir les frères endeuillés et condamner le terrorisme.

Faute de pouvoir faire parler le chef Jean-Pierre Mpadi pour découvrir les mobiles de son équipée sauvage, la Justice de la RD-Congo a fouiné et longuement investigué pour établir les faits. Au terme d’une enrichissante instruction, Bakenga Tujibikili et sa bande vont devoir comparaitre dès ce vendredi devant la COM, a-t-on appris jeudi, pour terrorisme criminel, détention d’armes de guerre, association des malfaiteurs…

Comme à Paris,  même si la spontanéité n’est pas la même, mais, face au chagrin des proches des victimes, aux dégâts matériels et à la douleur des rescapés, la RD-Congo ne demande rien d’autre que l’équité et la justice.

Natine K.