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Candidate à la présidentielle, Monique Mukuna veut créer une classe sociale moyenne

Mai 08, 2017 Rédaction Africa News

C’est l’une des rares femmes à dévoiler ses ambitions pour la prochaine présidentielle en RD-Congo. Monique Mukuna Mutombo, économiste et businesswoman, croit en ses capacités de conduire la RD-Congo là où elle devrait être depuis son accession à l’indépendance. Monique Mukuna qui a une longue expérience dans le secteur privé centre son projet de société sur le social. Jointe par «AfricaNews», cette dame ambitieuse veut créer une classe sociale moyenne et rehausser le pouvoir d’achat des RD-Congolais.

Monique Mukuna Mutombo, vos ambitions de briguer la prochaine présidentielle suscitent curiosité. Comment est-ce que vous vous décrivez?

Je suis une femme très déterminée et engagée. Je déteste les paresseux. J’aime le travail bien fait, toujours à la recherche de l’excellence. Je suis économiste, avec une expérience de plus de 15 ans dans le secteur public, privé et au sein des organisations non gouvernementales. J’étais, durant neuf ans, représentant d’une multinationale minière allemande, installée dans 10 pays et, à ce jour, je travaille pour une société belge.

Est-ce uniquement votre brillant parcours qui vous motive à postuler comme candidate à présidence de la République en RD-Congo?

Non! C’est le patriotisme, l’amour de mon pays et le désir d’une mère de voir ses fils et filles réussir dans un pays où ils seront fiers d’en porter la nationalité. Vous savez, madame, notre pays, la RD-Congo, a tout ce qu’il faut pour être la nation qui fera rayonner l’Afrique. En termes des potentialités naturelles, des matières grises et d’hommes et des femmes expérimentés, il n’y a pas pareil que la RD-Congo. Toute cette potentialité est malheureusement imbibée par une classe politique, sans vision, travaillant plutôt pour ses propres intérêts que ceux de la population toujours pauvre, démunie, instrumentalisée et désemparée. A cela s’ajoute l’infiltration étrangère à tous les niveaux. Ainsi, je m’engage à continuer le combat des pères de l’indépendance, celui de voir notre pays être totalement indépendant, développé avec des institutions stables et fortes, donner la dignité aux enfants du pays et de faire de la RD-Congo une grande nation continentale et mondiale. C’est donc, pour moi, un devoir patriotique de mettre mon expérience et mon dévouement au service de mon pays.

Quel est votre projet ou programme de société pour la RD-Congo?

Notre programme est centré sur le social. Notre projet se concentre sur la restauration de l’identité RD-congolaise et la dignité nationale. Il se propose de garantir une justice efficace et équitable pour tous ainsi que l’intégralité et la sécurité territoriale, assurer la sécurité alimentaire pour les RD-Congolais, l’accès à l’eau et à l’électricité pour tous. Notre programme social va également valoriser notre armée et notre Police nationale ainsi que le travail des femmes. Nous allons combattre les violences sous toutes leurs formes. Nous prônons aussi une gestion transparente de la chose publique, la sécurisation des investisseurs nationaux et internationaux, la prise en charge effective de notre jeunesse. En bref, notre programme social vise à promouvoir la création d’une classe sociale moyenne en RD-Congo.

Pensez-vous que ça sera facile de mettre en place ce programme, surtout que vous êtes une femme dans une arène dominée par les hommes?

Rien n’est acquis d’avance. C’est vrai que c’est plus dur pour une femme de se frayer un chemin dans ce monde rempli de préjugés mais j’y suis préparée et je suis prête à démontrer que ce n’est pas le fait d’être un homme ou une femme qui compte dans la gestion de la chose publique, mais plutôt l’engagement personnel, l’éthique, l’expérience ainsi que l’amour de son pays. Ce n’est pas à la femme qu’incombe l’échec institutionnel. La pauvreté, les guerres, la déroute économique et inhumaine ainsi que tous les maux que notre pays est en train d’endurer. Il nous faut changer complètement de cap, trouver une autre approche aux défis RD-congolais. Je pense, sans être prétentieuse, qu’une femme formée est mieux placée, dans l’état actuel des choses, de relever la RD-Congo.

Quelle lecture faites-vous de la situation de la femme RD-congolaise?

La femme RD-congolaise en particulier et africaine en général joue un grand rôle dans notre économie bien que cela soit encore plus visible dans le secteur informel. Elle a été et est encore le pilier des ménages, conformément à l’adage «éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation». Fort de cette position dans la société, la femme RD-congolaise a les mêmes droits et chances à l’éducation, à une vie professionnelle, sans discriminatoire. Il nous faudra protéger la femme RD-congolaise des abus sexuels, du manque de protection en cas du décès de son conjoint. Elle doit être présente pour des responsabilités managériales qui sont encore réservées en majeure partie aux hommes. Mais en même temps, je ne suis pas celle qui vais encourager la facilité, je vais donner cette chance aux femmes, à celles qui se battent et méritent vraiment d’être encouragées et célébrées.

Propos recueillis par Parousia MAKANZU