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Didier Reynders indésirable à Kinshasa

Nov 25, 2017 Rédaction Africa News

Le chef de la diplomatie belge aurait péché par le fait d’avoir apporté sa caution morale aux travaux de Genval en recevant entre ses mains l’acte de naissance de cette plateforme politique de l’Opposition RD-congolaise à Bruxelles en juin 2016. L’autre grief, c’est son présumé soutien personnel à certains mouvements citoyens RD-congolais menant la lutte contre le pouvoir en place. Selon un spécialiste en relations internationales, il s’agit là d’une entorse au sacro-saint principe de neutralité pour un ministre des Affaires étrangères en fonction

La Belgique inaugure, lundi 27 novembre prochain à Kinshasa, l’immeuble nouvellement construit aux abords du boulevard du 30 juin à la place Mandela, devant abriter sa nouvelle chancellerie. C’est certes un événement de haute facture au regard des liens historiques existant entre la RD-Congo et son ancienne puissance coloniale. Si cet investissement du Royaume de Belgique à Kinshasa rencontre l’assentiment des RD-Congolaises et RD-Congolais,  dans les milieux politiques, des questions se posent au sujet de l’autorité qui devra représenter officiellement la Belgique à cette importante cérémonie.

Les avis divergent quant à la présence dans la capitale RD-congolaise de Charles  Michel, Premier Ministre belge et celle de Didier Reynders, vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères. Selon le programme officiel du gouvernement belge, la délégation de la Belgique sera conduite à Kinshasa par le chef de la diplomatie belge. Les équipes d’avance sont déjà sur place en vue des préparatifs y afférents. Cette information n’enchante pas la Majorité au pouvoir. Pour cause, le chef de la diplomatie belge semble avoir un penchant notoire pour l’Opposition politique en RD-Congo. «Les officiels de Kinshasa seraient mal à l’aise d’apporter leur caution à une cérémonie présidée par quelqu’un qui ne cache plus sa tendance vers le Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement», fait-on remarquer dans certains cercles du pouvoir RD-congolais.

Lundi 27 novembre prochain, la nouvelle chancellerie de la Belgique à Kinshasa va ouvrir ses portes. L’immeuble abritant cette ambassade est construit à côté du Rond-point Mandela sur le boulevard du 30 juin. Une cérémonie haute en couleurs se prépare déjà, avec l’arrivée à Kinshasa des autorités belges et d’autres invités. Cependant, ces bonnes prédispositions pourraient bien être souillées par la présence à Kinshasa de Didier Reynders. Le pouvoir de Kinshasa serait allergique à sa présence à cette manifestation qui pourtant raffermit les relations existant si heureusement entre les deux Nations depuis l’époque coloniale.

Et pour cause, les officiels RD-congolais accusent le chef de la diplomatie belge d’être pro Opposition. A en croire certains observateurs avisés dans la ville, il sera difficile de voir les autorités RD-congolaises répondre à l’invitation d’une messe officiée, côté belge, par le ministre Didier Reynders. Visiblement, les officiels de Kinshasa seraient mal à l’aise d’apporter leur caution à une cérémonie présidée par quelqu’un qui, selon eux, ne cache plus son penchant pour le Rassemblement.

Le chef de la diplomatie belge aurait péché par le fait d’avoir apporté sa caution morale aux travaux de Genval en recevant entre ses mains l’acte de naissance de cette plateforme politique de l’Opposition RD-congolaise à Bruxelles en juin 2016. L’autre grief, c’est son présumé soutien personnel à certains mouvements citoyens RD-congolais menant la lutte contre le pouvoir en place. Selon un spécialiste en relations internationales, il s’agit là d’une entorse au sacro-saint principe de neutralité pour un ministre des Affaires étrangères en fonction. Le pouvoir de Kinshasa affirme ouvertement que Didier Reynders agit davantage comme porte-voix de l’Opposition plutôt que comme un homme d’Etat auprès de qui on peut requérir quelques conseils.

 

Kinshasa souhaite voir le Premier Ministre belge

Côté RD-congolais, le souhait reste de voir le Premier ministre Charles Michel venir à Kinshasa pour présider l’inauguration de la nouvelle ambassade. «Cela va conférer à la cérémonie en vue tout son éclat et surtout sa solennité, car Charles Michel a toujours la posture à équidistance entre les protagonistes de la crise RD-congolaise. Il est donc apprécié par Kinshasa. Pour preuve, lors de son récent séjour à New York, dans le cadre de la 72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président Kabila a eu un entretien fructueux avec le chef du gouvernement belge», déclare-t-on dans les couloirs politiques à Kinshasa. Il sied de noter que ce n’est pas la première fois que Kinshasa et Bruxelles se brouillent à la suite des attitudes politiques et diplomatiques des officiels de deux côtés. Que ce soit pendant la deuxième République ou dans un passé récent avec le tonitruant ministre belge des Affaires étrangères, Karel de Gucht, la RD-Congo et la Belgique ont été plusieurs fois à deux doigts de la rupture des relations diplomatiques.

Mais au regard de l’importance de la symbolique de la cérémonie inaugurale de lundi 27 novembre, les autorités belges sont invitées à prendre en compte les contingences actuelles pour ne pas mettre de l’huile au feu et éviter de prêter le flanc à une éventuelle brouille pourtant évitable, liée à des raisons purement protocolaires. Voilà pourquoi une bonne frange de l’opinion serait d’avis que la délégation belge soit plutôt conduite par le Premier ministre Charles Michel, le temps de régler cette question de gestion des tempéraments à l’amiable. A défaut, il y a de fortes craintes que la présence de Didier Reynders ne soit considérée comme un acte de provocation et partant pousser les officiels RD-Congolais à bouder cette cérémonie. Ce qui ne serait pas de bon augure.

Olitho KAHUNGU