Société

Etienne Yaodimela: la création de PME pour combattre la pauvreté

Mai 12, 2017 Rédaction Africa News

A travers le monde, même dans les pays développés, les opportunités d’accès à un emploi stable sont devenues rares. La mission est encore ardue pour les jeunes diplômés. Sans expérience, quelle entreprise pourrait leur faire confiance? Ceux qui travaillent, quel salaire touchent-ils? Se confiant à AfricaNews, Etienne Yaodimela Kalonda, chercheur dans le domaine de la lutte contre le chômage et formateur en management d’entreprise depuis plus de 15 ans, se préoccupe du chômage des jeunes et suggère à l’Etat de booster la création des petites et moyennes entreprises -PME-pour contrer la montée du chômage des jeunes. Il appelle les universités à initier les étudiants à l’entrepreneuriat. De ce fait, ajoute-t-il, les étudiants ou les jeunes pourront être en mesure de créer les emplois.

Si hier, trouver un emploi était un fait ordinaire, les temps ont vraiment changé au point que cela relève aujourd’hui d’un parcours de combattant. De nombreuses entreprises, confrontées à la crise, ont choisi de réduire les effectifs du personnel ou de limiter les embauches. L’observation montre qu’il y a beaucoup de candidats, mais très peu des postes disponibles. Au cours d’un entretien accordé à AfricaNews, Etienne Yaodimela Kalonda a expliqué que ce sont les petites et moyennes entreprises qui font vivre les pays et contribuent à la création des classes moyennes. Ce chercheur RD-Congolais s’est donné la mission d’autonomiser les jeunes. «C’est depuis 2005 que nous avons commencé la première formation en management d’entreprise. A ce jour, nous avons déjà formé 12.000 jeunes qui ont actuellement leurs propres activités ou affaires leurs permettant de se prendre en charge», s’est-il réjoui. Il reconnait que l’esprit d’entrepreneuriat résulte d’une culture, c’est-à-dire, d’une éducation reçue dès l’université. Il s’agit donc là d’une dimension acquise et non innée. «Le travail que j’accomplis est une vocation. Je me souviens avoir terminé mes études pendant que le pays sombrait dans un conflit politique qui l’a plongé dans le chaos, en termes d’accès à l’emploi. J’ai présenté un travail sur les mécanismes de sortie des RD-Congolais du chômage à l’horizon 2015. Ceci m’a servi de déclic pour me lancer dans la lutte contre le chômage et plus précisément dans la formation en management d’entreprise, qui demeure l’une d’une des grandes pour assurer l’épanouissement de la jeunesse», a avancé Etienne Yaodimela.

L’accompagnement public

Aujourd’hui en Afrique ou même en Europe, le chômage des jeunes est devenu une question touchant à la paix sociale. Etienne Yaodimela ne croit pas que le pouvoir public soit en mesure d’embaucher tous ces jeunes ou nouveaux diplômés. «Voilà pourquoi, dans la formation que nous dispensons, nous inculquons aux jeunes l’esprit d’entrepreneuriat pour qu’ils soient créateurs de leur propre emploi et deviennent autonomes», a expliqué Etienne Yaodimela. A l’en croire, les jeunes doivent créer leur propre emploi et ne pas trop compter sur le pouvoir public. L’Etat a le rôle d’encadrer, de faciliter et de créer de conditions favorables à l’entrepreneuriat des jeunes. «Je tiens à lancer un appel à tous les jeunes diplômés et même à ceux-là qui trainent encore les pieds à la maison de venir apprendre, puisque la jeunesse constitue une source de stabilité. Comme notre Etat ne sera pas en mesure de lutter contre le chômage tout seul, il a besoin d’une seconde main qui est la jeunesse pour aller loin et vite. Je lance aussi un cri d’alarme aux autorités pour qu’elles puissent nous prêter main forte dans ce domaine», a-t-il conclu.

Roddy Grâce BOSAKWA