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Fichier électoral et machine à voter: l’Opposition accuse la CENI d’orchestrer la tricherie

Avr 13, 2018 Rédaction Africa News

Mercredi 11 avril 2018, 5 principales plateformes de l’Opposition politique RD-congolaise ont, au terme d’une réunion, convergé pour dénoncer les «dérives» dont fait preuve la CENI et rejeter la machine à voter. L’UDPS et alliés, l’UNC et allié, le MLC et alliés, CNB/ SYENCO et Ensemble pour le changement sont ces plateformes qui ont aussi demandé le remplacement du délégué de l’UDPS au bureau de la CENI conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre.

 

Le processus électoral a été passé au peigne fin par 5 plateformes électorales de l’Opposition RD-congolaise à la faveur d’une réunion tenue mercredi 11 avril 2018 à Kinshasa entre les leaders de l’UDPS et alliés, de l’UNC et allié, du MLC et alliés, d’Ensemble pour le changement et de CNB/ SYENCO.

Ces plateformes ont dénoncé «l’attitude désinvolte de la CENI dans la gestion du processus électoral», non sans dénoter «le caractère peu sérieux du travail» réalisé par la Centrale électorale. «Les données statistiques des électeurs présentées par la CENI sont incorrectes. Elle affirme avoir enrôlé 46.542.289 électeurs, radié 5.381.763 doublons et 902.290 mineurs. Ce qui donne en réalité 40.258.236 électeurs consolidés. Cependant, la CENI a affiché des chiffres manifestement et intentionnellement inexacts de 40.287.387, soit un gap de 29.151 électeurs», ont-elles constaté, estimant que «le nombre excessivement élevé de doublons détectés et l’enrôlement irresponsable des bébés et enfants dénote d’une tentative de tricherie en amont. Ce qui constitue des actes inciviques susceptibles des poursuites judiciaires».

Au vu des «dérives dans l’opération d’enrôlement, de nettoyage et de consolidation du fichier électoral», Félix Tshisekedi et ses compères ont réclamé l’audit du fichier électoral et du serveur central, tout en exigeant «la publication des radiés et des mineurs enrôlés par circonscription, l’annulation et le retrait des cartes invalidées afin d’éviter toute exploitation ultérieure lors du vote». Ils ont insisté sur «l’urgence des mesures correctives pour garantir la crédibilité des résultats des prochaines élections».

 

A nouveau, la machine à voter rejetée

Dans un autre chapitre du processus électoral, les 5 plateformes électorales de l’Opposition politique ont aussi examiné la problématique de la machine à voter, présentée par la CENI comme un moyen efficace pour aller rapidement aux élections et en garantir des résultats crédibles mais controversée par une frange de la classe politique. Pour ces plateformes, la machine à voter viole la Constitution, les dispositions pertinentes de la loi électorale -spécialement l’article 237 ter- et le calendrier électoral en exécution qui prévoit aux points 38, 39 et 40 des opérations d’impression et de déploiement des bulletins de vote. Elles ont dit prendre acte de «la position officielle du gouvernement Coréen et de la Commission électorale Coréenne qui relèvent les risques de fraude à grande échelle liés à l’utilisation de la machine à voter proposée par l’entreprise Miru Systems». Constatant que le gouvernement Coréen s’étant désolidarisé de cette entreprise, ces plateformes ont rejeté la machine à voter tout en invitant le l’exécutif Coréen de faire annuler le contrat liant l’entreprise Miru à la CENI, car, ont-elles expliqué, il est «conclu sur fond des graves suspicions de corruption».

Le renouvellement du mandat de la MONSUCO salué

Le rassemblement des forces de l’opposition a, en outre, dénoncé «le détournement qui caractérise la commande des machines à voter car il n’existe aucune ligne budgétaire dans la loi des finances de l’exercice 2018 relative à l’achat des machines à voter». Aussi, il a invité le PGR «à ouvrir une information judiciaire d’autant plus qu’une machine qui coûte en réalité à USD 400 est achetée par la CENI au prix d’USD 1500 la pièce, fait reconnu par le président de la CENI».

Le sort du délégué de l’UDPS à la CENI a figuré sur le menu des discussions entre les leaders des 5 principales plateformes électorales de l’Opposition. A ce sujet, ils ont demandé son remplacement conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre en son point IV.5.b.

Pierre Lumbi et compagnons ont, par ailleurs, salué le renouvellement du mandat de la MONUSCO, non sans inviter la Communauté internationale à accompagner le processus électoral en RD-Congo. Au peuple, ces leaders de l’Opposition ont demandé de «rester vigilant, ne pas céder à la manipulation et s’apprêter à exercer sans retenue son droit constitutionnel de changer démocratiquement le leadership du pays».

Laurent OMBA