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Guerre Eglise-pouvoir: Utembi chez Sassou

Jan 10, 2018 Rédaction Africa News

Après la marche du 31 décembre 2017 organisée par le Comité laïc de coordination -CLC- pour réclamer une application stricte de l’Accord de la Saint-Sylvestre signé une année plus tôt,  la tension est restée vive en RD-Congo entre le Pouvoir en place et l’Eglise Catholique. Les deux parties s’attaquent à longueur de journée via les médias. Animée par une volonté d’apaisement, la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- sollicite du Président Sassou, son implication en sa qualité de Président en exercice de la Conférence internationale de la région des grands lacs. Dans cette optique, Mgr Marcel Utembi, président de la CENCO et archevêque de Kisangani, a conduit une délégation d’évêques RD-congolais à Brazzaville où ils ont été reçus, mardi 09 janvier, par le Président de la République sœur du Congo, Denis Sassou Nguesso.

Au cœur de leurs échanges, la situation politique qui prévaut en RD-Congo. Au sortir de l’audience, le Secrétaire général de la CENCO, Abbé Donatien Nshole, s’est exprimé en ces termes: «par rapport à la crise que traverse notre pays, les évêques membres de la CENCO sont convaincus, dans le cadre de la coopération internationale, que les frères, amis et voisins de la RD-Congo peuvent apporter quelque chose dans la perspective de satisfaire les besoins du peuple RD-congolais. C’est ainsi que nous avons pensé rencontrer le Président Sassou qui est le Président en exercice des pays de grands lacs, chargé du suivi du mécanisme paix et sécurité en RD-Congo et dans la région des Grands Lacs pour partager leur conviction à savoir l’application complète de l’Accord signé le 31 décembre 2016, en vue d’aboutir à des élections apaisées comme convenu». Et de poursuivre : «La marche du 31 décembre dernier à Kinshasa a été évoquée. Si l’on n’y fait pas trop attention, si on prend à la légère la situation, on risque de vivre le pire», a déclaré l’Abbé Nshole. Selon l’ONU et la nonciature apostolique, l’interdiction et la dispersion de cette marche des catholiques le 31 décembre à Kinshasa, a fait au moins cinq morts. Pour sa part, l’archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, a dénoncé la barbarie des Forces de l’ordre et souhaité que les médiocres dégagent. Très proche du président Sassou Nguesso, le cardinal Monsengwo n’était pas dans la délégation.

Olitho KAHUNGU