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Kitebi promet de booster les jeunes entrepreneurs à travers la mise en place des incubateurs

Août 21, 2017 Rédaction Africa News

Le Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie -FPI-, Patrice Kitebi, se montre déterminé à atteindre des objectifs assignés dès son avènement à la tête du FPI, en termes de mobilisation des recettes, de maîtrise des charges et également en termes de reprise de financement des projets dans une philosophie tout à fait différente. C’est dans cette logique qu’il a initié, dès jeudi 17 août au Cercle de Kinshasa, un séminaire consacré à l’évaluation à mi-parcours de sa feuille de route définissant les principales réformes.

Au terme de ces travaux, samedi 19 août dernier, le patron du FPI s’est dit satisfait de recommandations faites, représentant à peu près 84% de ce qui a été décidé à la fin de l’année passée. «Il y a encore beaucoup d’effort à fournir pour que les 16% de recommandations restants puissent être mis en œuvre dans le délai de manière que nous puissions atteindre les objectifs», a-t-il rappelé. Patrice Kitebi a également promis d’accorder une importance particulière au soutien des jeunes entrepreneurs à travers la mise en place des incubateurs.

«Le but c’est vraiment de voir où nous avons été performants dans la mise en œuvre des réformes, où nous l’avons été un peu moins et où nous devons mettre un accent particulier d’ici la fin de l’année, de sorte à faire les derniers réglages qui pourront nous permettre de cheminer petit à petit vers les objectifs que nous nous sommes assignés pour cette année», a expliqué le DG Patrice Kitebi lors de l’ouverture des travaux.

Au terme de ces travaux qui ont pris fin le 19 août, les participants ont non seulement évalué la feuille de route dans toutes ses composantes, mais également déterminé des mesures d’ajustement pour atteindre les objectifs de 2017 ainsi que de préparer des éléments du programme et du budget 2018. Dans l’ensemble, le Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie s’est dit satisfait de cette évaluation à mi-parcours de la feuille de route reprenant les principales réformes du FPI. «Par rapport au rapport préliminaire qui nous a été déposé, nous noterons que les recommandations faites représentent à peu près 84% de ce que nous avions décidé à la fin de l’année passée. Il y a encore beaucoup d’effort à fournir pour que les 16% de recommandations restants puissent être mis en œuvre dans le délai de manière que nous puissions atteindre les objectifs.

Pour ma part, et pour la direction générale, nous voulons retenir deux indicateurs importants: premièrement, lorsqu’on examine nos recettes, soit elles sont en augmentation, lorsque nous prenons les assignations telles que nous les avions arrêtées ensemble, nous sommes en taux d’exécution de 50,3% en ce qui concerne la DNT. Deuxièmement, nous sommes très bas en ce qui concerne la DGT avec un taux d’exécution global de 20%», a-t-il fait observer. Et de renchérir: «ces deux indicateurs majeurs doivent désormais alimenter tout notre engagement à faire davantage pour les quelques mois qui restent d’ici la fin de l’année, afin de disposer des moyens de notre politique.

Je note que globalement, les entités qui doivent contribuer spécialement à l’atteinte de ces objectifs sont les suivantes: Matadi et Lubumbashi sont les entités les plus importantes représentant la part importante du gap que nous avons à fin juillet. A cela, il faut ajouter Goma, Kolwezi, Mokambu et Bukavu. Je profite de cette occasion pour appeler à la conscience des responsables de ces entités, l’engagement qui doit être le leur au cours des mois qui restent pour que nous puissions être dans les prévisions telles que nous les avions arrêtées».

Patrice Kitebi a aussi noté les directions qui vont  jouer un rôle critique. Il a cité notamment la direction juridique en ce qui concerne toutes les questions relatives non seulement aux inscriptions hypothécaires mais également à la couverture des risques et du recouvrement forcé. Il a par ailleurs annoncé la signature par le FPI d’un certain nombre de contrats avec les experts indépendants, et des services. «On sent que ça commence à donner des résultats qui vont dans la bonne direction, mais des efforts doivent se multiplier pour atteindre nos objectifs», a-t-il interpelé.

Nouveau paradigme, nouvelle philosophie, un nouvel ensemble de valeurs

Dans cette nouvelle vision, et pour rejoindre également les recommandations et orientations stratégique du Chef de l’Etat, le DG Kitebi a fait savoir qu’une importance particulière sera désormais accordée au soutien de jeunes entrepreneurs à travers la mise en place des incubateurs.

A l’en croire, un premier incubateur va être mis en place, le centre d’excellence en pisciculture, et qui va fonctionner dans la ville de Kinshasa, mais plus globalement la stratégie va être basée sur une étude de faisabilité qui, dans un premier temps, va concerner la ville de Kinshasa, les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Ceci afin que la démarche du FPI en matière de soutien aux jeunes entrepreneurs corresponde effectivement aux besoins spécifiques de ces derniers et aux besoins spécifiques des zones géographiques concernées.

La question sur le rôle clé du secteur de l’énergie a aussi été soulignée lors de cet atelier. Pour Patrice Kitebi, beaucoup de projets financés et qui travaillent avec des groupes électrogènes dans des localités où l’accès au carburant est difficile, les produits du FPI sont non compétitifs et ne supportent pas la concurrence des produits similaires importés.

«La commission mixte paritaire DGDA-FPI doit fonctionner désormais sur des bases régulières, de manière à ce que la TPI représentant 2/3 de nos recettes, puisse être collectée de manière optimale et qui ne laisse pas échapper des ressources importantes dont nous avons besoin pour accomplir notre mandat.

Vous avez discuté également de la nouvelle vision de financement des projets qui prévaut actuellement au sein de notre institution et se baser essentiellement sur le développement des chaines de valeur. Naturellement pour financer autrement, il nous faut des moyens, et ces moyens passent par un exercice constant de maîtrise des charges mais également par une attention particulière sur la question de mobilisation à la fois de la TPI mais aussi le recouvrement des prêts», a rappelé le DG Kitebi, avant d’indiquer que cet atelier a apporté un nouvel état d’esprit pour l’ensemble des acteurs du FPI, en commençant par la direction générale jusqu’au dernier.

Il a appelé ses collaborateurs à grandir du point de vue de leur capacité de gouvernance pour que celle-ci corresponde aux standards les plus élevés dans ce domaine. «On attend de nous une attitude agressive au sens positif du terme. Nous devons tous nous engager car nous serons collectivement responsables du succès ou de l’insuccès de l’action que nous menons ensemble», a-t-il invité ses collaborateurs, avant d’annoncer une deuxième évaluation à la fin de cette année.

Le FPI se redresse petit à petit

Pour rappel, six thèmes principaux ont été examinés au cours de ce séminaire à savoir: la gouvernance et les réformes institutionnelles; les questions d’éthique; la mobilisation de la taxe et du recouvrement des prêts; l’évaluation des projets et couverture des risques; et toutes les questions sur le développement à long terme.

A l’ouverture de l’atelier, Patrice Kitebi a indiqué que le FPI qu’il a trouvé malade à son arrivé, est actuellement en train de se redresser petit à petit. «D’après ce que nous entendons dire, les choses commencent à changer petit à petit au FPI», a-t-il rassuré. S’appuyant sur quelques indicateurs, Patrice Kitebi a démontré ces avancées en évoquant des recettes du FPI qui sont en train de connaitre un accroissement.

«L’année passée, nous étions à peu près à l’équivalent de 29 milliards de Francs congolais mobilisés; cette fois-ci, on est à 36 milliards à fin juin 2017. Mais en même temps dans un contexte où il y a eu un glissement du taux de change», a-t-il expliqué. Ce n’est pas tout. Patrice Kitebi a renseigné aussi qu’en termes de maîtrise des charges, par rapport au premier semestre 2016, le FPI a connu une diminution des charges de près d’un million de dollars, mains dans un contexte où ils ont pu accroitre et accélérer les missions de contrôle et supervision des projets.

«Nous avons aussi accru les missions d’audit interne, pour nous garantir que les procédures et les règles sont respectées, et les comportements professionnels des uns et des autres sont conformes aux pratiques telles qu’elles sont décrites dans les règles», a fait savoir Patrice Kitebi. Une autre avancée du comité Kitebi, c’est d’avoir instauré un climat de dialogue en permanence avec les opérateurs économiques. «Nous leurs disons qu’ils ne doivent pas nous éviter même quand ils sont impayés. Notre objectif, c’est de contribuer à l’essor industriel et à l’émergence de la classe moyenne», a conclu le DG Kitebi.

Olitho KAHUNGU