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Kokonyangi: candidature compromise

Juin 13, 2018 Rédaction Africa News

Les jours du 3ème vice-président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo -AFDC-, Joseph Kokonyangi Witanene, étaient comptés au niveau des instances de son parti et de toutes les autres structures officielles où il tire les avantages au nom de Modeste Bahati Lukwebo, initiateur et autorité morale du parti.

Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et sécurité, mercredi 6 juin 2018, Modeste Bahati a pris acte de l’auto-exclusion de Joseph Kokonyangi, un de ses hommes de confiance. Dans cette même correspondance, Bahati lui a retiré, à titre conservatoire, les fonctions de 3ème vice-président national de l’AFDC en attendant la convocation de la réunion du collège des fondateurs, organe disciplinaire du parti, suivant les articles 32 alinéa 4 des Statuts et 31 point 10 du Règlement intérieur.

Il lui est reproché plusieurs faits, notamment la non-participation aux activités du parti préférant s’afficher de plus en plus dans des rencontres politiques aux côtés des autres partis ou regroupements politiques, s’éloignant ainsi de sa propre formation politique dont il ne semble plus attaché son attention; l’organisation de son indisponibilité prolongée au détriment du parti par la mise sur pied d’un mécanisme d’inaccessibilité même à l’endroit de l’initiateur et autorité morale du parti, alors qu’en sa qualité de 3ème vice-président national, il lui revient de faire montre de disponibilité permanente et le défaut de cotisations.

Considéré comme un apprenti sorcier dans les rangs de l’AFDC, Kokonyangi est également accusé de s’impliquer directement et activement dans la démobilisation des militants et cadres de l’AFDC et de refus catégorique de rencontrer Modeste Bahati en date du 12 mars 2018 afin de fournir des explications sur son désintéressement accru aux activités du parti. «Par ces faits, suivant les dispositions des articles 16 et 39 des statuts et 20 du Règlement intérieur de l’AFDC, l’intéressé s’est placé dans la position d’auto-exclusion et ne peut donc plus engager ni représenter le parti», a souligné Bahati Lukwebo dans sa correspondance au VPM Henri Mova.

Cette décision assomme Kokonyangi qui, perdu, voit son avenir sombre à l’approche du lancement des opérations de dépôt de candidature. A quelques jours des élections prévues le 23 décembre 2018 par la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, sa candidature est compromise en ce moment où presque tous les regroupements politiques de la Majorité et de l’Opposition ont déjà établi leurs listes des candidats. «Kokonyangi ne peut pas être supérieur de notre autorité morale, Modeste Bahati, comme il a évoqué lors d’une sortie médiatique mardi 12 juin», ont réagi certains cadres de l’AFDC. Et de poursuivre: «Kokonyangi est fabriqué de toutes pièces. C’est le camarade Modeste Bahati qui l’a proposé à la Majorité présidentielle comme secrétaire général et président du groupe parlementaire AFDC et Alliés». De leur avis, Kokonyangi a agi par ingratitude et a craché sur la main qui l’a nourri. «S’il pense qu’il ne peut servir deux maîtres, seulement le Chef de l’Etat, il doit aller le faire ailleurs ou créer son propre parti politique. Le Président de la République, lui-même, ne tolère pas les semeurs de troubles ni les instables, ni encore les opportunistes de mauvais goût», ont précisé ces cadres.

Voyant le mal de loin, Modeste Bahati avait déjà pris soin de solliciter auprès du Président de la République le retrait pur et simple de Kokonyangi du gouvernement auquel il est membre au nom de l’AFDC.

Tino MABADA