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Motion contre Makila: l’Opposition rattrapée

Nov 13, 2017 Rédaction Africa News

Si pour le VPM en charge des Transports il était écrit que le salut devait passer par un camarade de l’Opposition et l’arme tant redoutée, l’initiative de Toussaint Alonga présente un double avantage, se réjouissent certains députés MP en ces termes: «Elle permet, d’une part, de constater que les sempiternelles attaques de l’Opposition contre le speaker se révèlent de véritables procès d’intention. Elle donne, d’autre part, l’occasion de lever définitivement l’écran de fumée qui couvrait encore la compréhension de la Constitution, du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur la légalité de la motion incidentielle»!

L’Opposition a créé la surprise vendredi 10 novembre dernier au Palais du peuple. Ce jour là, la question orale avec débat adressé par le député Elvis Mutiri wa Bashara à José Makila Sumanda, vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de Communication, au sujet de l’importation des véhicules d’occasion vieux de 20 ans en République Démocratique du Congo et leurs conséquences nuisibles à l’environnement n’a pas été débattue à la suite d’une motion incidentielle de Toussaint Alonga, un député du groupe UDPS et Alliés, la première force de l’Opposition à l’Assemblée nationale.

Alonga a sorti la grosse artillerie. Selon lui, le décret du 04 avril 2017 modifiant et complétant celui de 2012, signé par l’ancien Premier ministre Samy Badibanga, est une question de compétence transversale et pluridisciplinaire qui renvoie à la politique générale du gouvernement car contresigné par quatre ministres de différents secteurs, notamment les Finances, le Commerce extérieur, l’Economie ainsi que les Transports et voies de communication.  Alonga, déterminé d’obtenir gain de cause, a indiqué qu’il serait de bonne politique et de bon aloi que la plénière débatte de cette question orale en présence des quatre ministres concernés par le décret du 04 avril 2017, à défaut du Premier ministre.

Dans son rôle de modérateur, le speaker Aubin Minaku a beau appeler à l’examen de la question orale de Mutiri, Toussaint Alonga a multiplié les arguments. La plénière a dû se prononcer en faveur de la motion incidentielle, permettant ainsi à l’Opposition de faire entendre sa voix à l’Hémicycle.  La percutante intervention de Toussaint Alonga fait cependant réagir.

Et pour cause: l’Opposition, rappelle-t-on, avait suspendu sa participation aux plénières de l’Assemblée nationale en octobre dernier pour crier son ras-le-bol  contre les motions incidentielles brandies par la Majorité au pouvoir pour épargner d’une éventuelle déchéance ses membres interpellés au Parlement. On se rappelle aussi de la fatwa lancée contre le président Aubin Minaku, accusé d’étouffer le débat démocratique et de ne pas faire respecter les droits de la minorité.   S’il était écrit que face à Elvis Mutiri, le salut du VPM Makila devait passer par le camarade Alonga et l’arme tant redoutée, la motion incidentielle, des questions fusent désormais à l’adresse de l’élu du Mont-Amba et de son camp politique. Comme celle de savoir si l’Opposition, rattrapée et redevenue légaliste, a étouffé le débat à son tour.

Ou si cette sensibilité politique claquerait encore la porte si jamais leurs collègues de la Majorité étaient, encore une fois, appelés à se servir de la motion incidentielle. Ou encore ce qui en sera, probablement le mercredi 15 novembre, du vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, visé par une motion de défiance du député UNC Juvénal Munubo, pour la mesure limitant la validité des passeports semi biométriques, une autre matière transversale. Last but not least, l’Opposition pourrait-elle encore reprocher au Bureau le fait de faire droit à une motion incidentielle initiée par un député de la Majorité ou attendait-elle qu’une personnalité issue de ses rangs soit visée par un contrôle parlementaire pour bien lire les textes légaux?

Selon certains députés MP, l’initiative de Toussaint Alonga présente un double avantage: «Elle permet, d’une part, de constater que les sempiternelles attaques de l’Opposition contre le speaker se révèlent de véritables procès d’intention. Elle donne, d’autre part, l’occasion de lever définitivement l’écran de fumée qui couvrait encore la compréhension de la Constitution, du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur la légalité de la motion incidentielle».  Il ne sera peut-être plus question de faire dire à la Constitution ou au Règlement intérieur de la chambre basse ce que certains veulent entendre pour leur plaisir.

 

YA KAKESA