Politique

Nikki soutient la CENI, la réaction de l’ONU et de l’UE attendue

Nov 08, 2017 Rédaction Africa News

Aussitôt publié, le calendrier de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- de la RD-Congo a déclenché un concert de réactions aussi bien à Kinshasa que dans les provinces de l’intérieur du pays. Opérateurs politiques, acteurs de la Société civile, nombreux sont ceux qui se sont exprimé à chaud pour accepter ou contester ce calendrier. La Communauté internationale qui suit de près la situation politique et socioéconomique en RD-Congo, n’est pas restée muette; elle qui attendait de pied ferme ce chronogramme avant de donner sa position sur son implication ou son rejet du processus électoral tant attendu depuis plusieurs mois.

Les Etats-Unis d’Amérique sont les premiers à communiquer leur position sur ce dossier sensible en optant pour l’apaisement. Après avoir séjourné en RD-Congo, Nikki Haley, ambassadrice des USA à l’ONU, avait planté le décor sur les conditions de l’accompagnement de son pays et de la Communauté internationale pour la tenue de bonnes élections. Ainsi la déclaration de cette dernière était très attendue après la communication de la CENI. Dans un communiqué publié lundi 6 novembre 2017, Nikki Haley a annoncé les couleurs en indiquant en substance que les Etats-Unis d’Amérique sont prêts à accompagner la RD-Congo dans l’organisation de ces scrutins en décembre 2018. Ce qui rencontre sûrement l’assentiment de la diplomate américaine qui n’avait pas mâché ses mots en fixant l’année 2018 comme deadline pour la tenue des élections en RD-Congo, condition sine qua non pour bénéficier de l’appui des USA et de la Communauté internationale.

 

Selon Nikki Haley, après des années de retard, la Commission électorale nationale indépendante -CENI- a publié un calendrier pour les élections attendues depuis longtemps. Les USA travailleront avec la Communauté internationale pour voler au chevet de la RD-Congo en l’aidant à respecter ce calendrier. Les USA sont prêts à faire en sorte que le président Joseph Kabila respecte ses engagements conformément à la Constitution et à l’Accord du 31 décembre 2016. Nikki Haley qui s’est rendu récemment dans le Congo profond, a pu palper du doigt les réalités vécues sur le terrain en écoutant directement le peuple RD-Congolais. Voilà pourquoi, a-t-elle souligné, que les citoyens RD-Congolais ont soif de la démocratie et besoin d’un nouveau leadership. Et d’attirer l’attention des gouvernants sur le fait que tout nouveau retard et toute tentative de s’accrocher délibérément au pouvoir ne servirait qu’à isoler les dirigeants et le gouvernement de la RD-Congo.

Washington a également montré ses bonnes dispositions visant à œuvrer en parfaite synergie avec la Communauté internationale pour aider la RD-Congo à respecter le calendrier proposé par la CENI, à favoriser la libre expression et à laisser le peuple décider souverainement du sort de son pays par la voie démocratique des urnes. Pendant ce temps, toute l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale restée focalisée autour des faits et gestes de l’Union européenne et les Nations unies qui devraient donner leur point de vue incessamment sur cette question des élections en RD-Congo dont elles sont parties prenantes.

Plusieurs acteurs politiques rejettent le calendrier électoral 

En interne, les RD-Congolais ne semblent pas tous émettre sur la même longueur d’ondes. C’est le contraire qui aurait du reste étonné. Si une bonne frange accepte ce calendrier de la CENI, une importante majorité la rejette. Chacun y va de son crédo. La Majorité présidentielle a pris fait et cause pour la position de la CENI qu’elle soutient sans réserve. Par contre, du côté de l’Opposition, de nombreux acteurs politiques sont sortis de leurs gongs pour fustiger ce qui paraît à leurs yeux comme un stratagème susceptible de servir de rampe de lancement à un cycle infernal de glissements à répétition.

S’il n’est pas évident de réaliser à si brève échéance l’unité de toute l’Opposition politique réputée pour son inconstance et ses divisions internes récurrentes, des observateurs avisés conseillent vivement aux uns et aux autres de faire fi de leurs égos pour saisir cette opportunité. Ils appellent toutes les composantes à un sursaut d’orgueil patriotique et à une volonté politique clairement affirmée pour dépasser tous ces clivages qui torpillent la voie vers la tenue des élections libres, transparentes et démocratiques dans un climat apaisé.

Certes, le calendrier proposé par la CENI est une œuvre humaine, partant perfectible. Des analystes chevronnés ne cessent de le décortiquer tout en proposant des solutions visant à réduire sensiblement les écueils avant la tenue desdites élections. Preuves scientifiques à l’appui, ils démontrent la faisabilité d’une telle réduction drastique de différentes opérations liées à la préparation desdites élections en amont, ainsi que la minimisation des coûts et de temps.

Les contraintes ne sont pas une nouveauté

Les contraintes financières, légales, logiques, politiques et sécuritaires ne sont pas une nouveauté. Elles ont existé en 2006 et en 2011 et ont trouvé des réponses appropriées. Dans le cas d’espèce, il n’est nullement question d’une quelconque invention de la roue. Là où il y a des problèmes, les intelligences sont mises à contribution pour les résoudre. Les préalables ainsi brandis par la CENI peuvent trouver des solutions pragmatiques pour autant que toutes les parties intéressées -Majorité présidentielle, Opposition politique, Société civile- fassent montre de bonne foi et jouent franc jeu. Les partenaires extérieurs se disent prêts à dégager les moyens financiers et logistiques conséquents pour autant que les RD-Congolais créent eux-mêmes d’abord un climat favorable et les conditions propices pour trouver des solutions consensuelles privilégiant l’intérêt supérieur du peuple et de la Nation.

 

Octave MUKENDI