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Patient Sayiba redonne vie à l’OGEFREM

Nov 15, 2017 Rédaction Africa News

Après avoir réalisé, en 100 jours, plusieurs progrès notamment l’assainissement
du climat social, surtout celui de travail au sein de l’Office, la rupture avec les prétendus
clivages tribaux-ethniques, la régularité dans la paie des salaires, pécules de congé et autres avantages dus au personnel, ainsi que d’autres progrès sur le plan financier, Patient Sayiba envisage de mettre en place un plan de redressement et d’investissement de l’Office

Les agents et cadres de l’Office de gestion du fret multimodal -OGEFREM- ont, lundi 13 novembre 2017, vibré au rythme de la célébration de 37 ans d’existence de leur entreprise. Un anniversaire coïncidant avec le passage de la barre de 100 jours depuis que l’actuel comité de gestion a pris les commandes. Dans son allocution devant ses collaborateurs et d’autres invités venus nombreux dans la salle polyvalente de l’office qui a refusé du monde, le Directeur général Patient Sayiba Tambwe est revenu sur les circonstances ayant entouré la création de l’OGEFREM, avant de dresser un bilan aux signaux largement positifs de ses premiers cents jours à la tête de cette entreprise publique. L’occasion faisant le larron, le DG Sayiba a également dévoilé son plan stratégique de redressement et d’investissement qu’il compte déjà mettre en œuvre au cours des jours et mois à venir. Ce plan va couvrir plusieurs aspects notamment technique, financier, social, international et des investissements.

La cérémonie festive a débuté vers midi passé par une courte prière suivie d’une exhortation conduite par l’un des Directeurs de l’OGEFREM. Prévu au programme pour intervenir avant le DG, le président de la délégation syndicale nationale, Jean Paul Bulambo, a, de prime abord, rassuré au nouveau comité la volonté de tous les travailleurs de l’OGEFREM de pouvoir participer au nouveau départ de l’Office en acceptant de s’inscrire dans la logique du mot d’ordre de nouvelle équipe dirigeante qu’est: «Paix-justice-travail dans une gestion équilibrée et rationnelle axée sur les résultats». Par ailleurs, soucieux du redressement de cette entreprise publique, Jean Paul Bulambo n’a pas manqué d’interpeler notamment les représentants de l’office à tous les niveaux, le banc syndical dans sa diversité, les différents partenaires ainsi que le chargeur RD-congolais.

Pour lui, les attentes sont nombreuses mais possibles à satisfaire si chacun accepte de s’acquitter dignement de son obligation, dans un climat d’estime mutuelle et conformément aux textes en vigueur. «Chers mandataires, à la question de savoir d’où venons-nous?, tout travailleur consciencieux peut répondre et en a déjà tiré les meilleurs leçons. Cependant, tout en vous rassurant que vous n’êtes pas un commandant sans troupe, nous attendons de vous de bonnes réponses à la question de savoir où sommes-nous, où allons-nous et que faire, chacun en ce qui le concerne, pour garantir dans la paix et l’harmonie la survie de nos intérêts communs et de notre précieux outil de production qui se veut revêtu de sa plus belle robe», a-t-il interpellé.

Plusieurs défis déjà relevés

Les préoccupations du banc syndical de l’OGEFREM ont bel et bien trouvé des réponses dans le discours riche du DG Patient Sayiba. A l’en croire, à sa prise des fonctions, il a trouvé un cliché mesuré et lapidaire de l’Office peu reluisant, traduit à travers des symptômes suivants: «grogne et tensions sociales exacerbées par un climat de travail délétère; clivage tribal et régional; désengagement du personnel aux métiers de l’Office; deux à quatre mois de retard des salaires au siège et dans les entités respectives; pécules de congé non payés; absence de l’OGEFREM dans les forums internationaux sur le transport; trésorerie négative d’USD – 1.632.768; dette fiscale à confirmer de plus d’USD 20 millions; dette envers les tiers et le personnel de près d’USD 15 millions».

Mais 100 jours après l’avènement de la nouvelle Direction générale, Patient Sayiba confirme que plusieurs de ces défis sont déjà relevés. Il affirme que le climat social, surtout celui de travail au sein de l’Office, est redevenu serein, les prétendus clivages tribaux-ethniques sont bannis, chacun dans sa sphère de responsabilité s’attèle à donner le meilleur de lui-même. «Cela est notamment visible à travers le flot des correspondances reçues et traitées», a-t-il confirmé. Ce n’est pas tout.

Le DG de l’OGEFREM a rassuré aussi que la régularité dans la paie des salaires, pécules de congé et autres avantages dus au personnel se normalise, étant donné que tous les cadres et agents de l’Office ne comptent plus le mois mais plutôt les jours, mieux les heures de retard dans la paie, tous les arriérés étant en passe d’être complètement épongés. Des progrès sur le plan financier sont aussi déjà réalisés en 100 jours. Les recettes ont connu un accroissement global de 15% pour la commission 0,5 et de 98% pour la commission d’intervention. Selon Patient Sayiba, cela résulte du meilleur encadrement des recettes, du renforcement de la technique de recouvrement et du bouchage de toutes les vannes qui occasionnaient jadis le coulage des recettes, qui plus est, le recouvrement parallèle.

Relance de la convention médicale avec les cliniques Ngaliema et une nouvelle avec le centre hospitalier Monkole

«Les recettes générées par l’Office servent désormais et principalement à faire face à ses engagements vitaux, et qui sont le reflet d’une gestion budgétaire orthodoxe. Sur le cadre social, c’est l’occasion pour moi d’informer tous les cadres et agents que l’Office a relancé sa convention médicale avec les cliniques Ngaliema et en a conclu une nouvelle avec le centre hospitalier Monkole. Tout cela dans le but d’assurer une prise en charge médicale de qualité, à la hauteur et à la dimension du prestige de notre Office», a annoncé le DG Sayiba.

Les autres progrès réalisés durant ces 100 derniers jours sont notamment le lancement des commissions de contrôle interne -Commission MIMONA- et des audits confiés à des cabinets externes. Des lettres de circularisation ont également été adressées aux banques et tiers en vue d’évaluer et de certifier l’état des dettes et créances de l’Office. D’autres commissions thématiques ont été instituées pour investiguer et statuer sur des matières diverses, notamment la situation des temporaires, les commandes passées, payées et non livrées du tout, ou avec livraison partielle, l’élaboration du plan stratégique de redressement et d’investissement…

OGEFREM de nouveau présent dans les fora internationaux sur les transports

Des actions menées par le DG Sayiba en cents jours dans le sens du redressement de l’OGEFREM s’avèrent légion. Hormis celles précitées, l’actuel patron de l’OGEFREM a permis la remise en relief et la relance de tous les accords signés avec des partenaires privés et publics pour une meilleure prise en charge du fret. Le comité Sayiba a aussi amorcé la mise en œuvre du Protocole d’accord conclu avec Cross Border Road Transport Agency -CBRTA-, signé en présence des Chefs d’Etat Joseph Kabila  la RD-Congo et Jacob Zuma d’Afrique du Sud. Ce, en marge des travaux de la 10ème Commission mixte RD-Congo-République Sud-Africaine, en vue du partage et d’échange d’informations et expériences pour soutenir les fonctions stratégiques de deux parties.

Déclinaison du plan stratégique de redressement et d’investissement

Dès son avènement, le comité Sayiba a permis l’OGEFREM à renouer avec sa présence dans les grands fora internationaux sur les transports. «Je citerai à ce titre sa brillante participation au forum Indaba à Pretoria sur le transport routier transfrontalier, dont les réactions positives fusent de partout. Il en est de même de sa récente participation à la réunion organisée par l’OMC à Genève sur les politiques et les pratiques commerciales des pays membres de l’UEMOA, où il a été discuté de la question de la FERI et du bordereau de suivi des cargaisons», a-t-il indiqué.

La mise en œuvre de cette œuvre de l’esprit du DG Patient Sayiba sera lancée incessamment. Selon son auteur, ce plan se décline autour de cinq volets, à savoir technique, investissements, financier, social et international. Techniquement, le DG de l’OGEFREM va d’abord faire avaliser tous les textes réglementaires devant permettre à l’Office de disposer des outils nécessaires à l’exécution de ses missions. Il promet de faire de la couverture intégrale du fret son deuxième cheval de bataille. Il va aussi systématiser les rencontres trimestrielles avec tous les intervenants du secteur du commerce extérieur, notamment à travers le cadre de concertation permanent.

Patient Sayiba promet aussi de renforcer le contrat de mandat liant l’OGEFREM avec l’OCC pour le contrôle et la souscription de la FERI à l’arrivée. Sur le plan des investissements, le DG va donner priorité au développement des plateformes logistiques aux points de rupture de charge-aire de stationnement, parcs à bois et à véhicules, terminaux à conteneurs, centres de groupages, entrepôts, ports secs, terminaux pétroliers et pour les produits chimiques- qui, selon le DG Sayiba, devront être développés par phases, en commençant par le port sec de Kasumbalesa dont l’opérationnalisation d’une aire de stationnement sera lancée avant la fin du premier trimestre 2018.

«Sur le plan financier, le suivi, l’encadrement et le renforcement du processus de recouvrement des recettes seront la priorité majeure de notre action financière, afin de doter l’Office des moyens nécessaires non seulement pour son meilleur fonctionnement, mais aussi pour lui permettre de réaliser son programme d’investissement. Des contacts seront également amorcés aussi bien avec les partenaires privés et publics, ainsi qu’avec des milieux financiers pour mobiliser et lever le financement nécessaire à la réalisation de nos investissements, notamment dans le cadre du développement des plateformes logistiques», a-t-il fait savoir.

Quant au plan social, le bien-être du personnel et des membres de leurs familles sera une fois de plus au centre de l’action du DG Sayiba. En contrepartie de l’accomplissement avec efficacité de leurs taches, la Direction générale de l’OGEFREM promet de payer régulièrement et équitablement les salaires, pécules de congé, gratification, 13ème mois, et autres avantages. L’OGEFREM va ainsi assurer la prise en charge des soins médicaux, y compris les transferts médicaux à l’étranger en cas de nécessité des agents et cadres malades.

OGEFREM, conseiller technique de l’Etat en matière des transports 37 ans d’existence, c’est énorme. Si à la naissance, l’OGEFREM était considéré comme une petite structure apparemment fragile, cette entreprise a aujourd’hui réussi à se frayer un long chemin et à se tailler une place de choix dans le concert aussi bien des entreprises nationales du secteur privé, qu’à l’international où il est considéré comme un acteur incontournable dans le domaine du transport, du commerce et de la logistique.

Pour ceux qui ne savent pas, par sa mission principale de Conseil des chargeurs, l’OGEFREM apporte, à travers la gestion, la couverture et la traçabilité du fret, une contribution inestimable à l’économie nationale ainsi qu’au trésor public. Notamment par la mise à disposition des informations et des données économiques en ligne sur les transports, la maîtrise et la fourniture des données statistiques Import-export fiables du fret RD-congolais. C’est pour cette raison que l’Etat considère l’OGEFREM comme son conseiller technique en matière des transports.

Olitho KAHUNGU