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Rassemblement Limete: l’acte de décès

Mar 12, 2018 Rédaction Africa News

Né à Genval, banlieue chic de Bruxelles, en Belgique, la principale plateforme de l’Opposition politique en RD-Congo, émiettée au lendemain du décès de son géniteur, Etienne TShisekedi wa Mulumba en février 2017, est arrivée en fin de cycle de vie. Devenu un monstre à trois têtes dirigées respectivement chacune par Patrick Mayombe, Joseph Olenghankoy et Félix Tshisekedi, le Rassemblement n’avait presque plus d’avenir. Son aile de Limete, dirigée par le tandem Pierre Lumbi-Félix Tshisekedi, bien que considérée par certaines chancelleries comme crédible, était laminée à l’interne par une guerre de leadership, des conflits de positionnement, etc. Ce weekend, la création en Afrique du d’une plateforme électorale autour de la candidature de Moise Katumbi vient définitivement enterrer le petit espoir d’unité encore incarné il y a peu par cette structure.

Qu’est reste-t-il encore du Rassemblement Limete? Rien! Ce n’est pas osé de l’affirmer. La succession des événements de ces derniers jours confirme bien cette thèse. Longtemps, depuis le décès d’Etienne TShisekedi, le Rassemblement, du moins son aile de Limete, a souffert de beaucoup de maux, souvent gérés à l’interne, couverts même, juste par peur d’éclatement. Mais cela ne pouvait plus durer trop longtemps. L’œuf a fini par exploser. Moise Katumbi, qui avait commencé depuis un moment à faire pression afin de transformer le Rassemblement en plateforme électorale en soutien à sa candidature, a fini par prendre le taureau par les cornes, lançant une nouvelle structure née du regroupement de l’Alternance pour la République -AR- et le G7, deux formations pourtant déjà membres du Rassemblement. Dans la foulée, si Félix Tshisekedi s’est montré poli, refusant de tirer à boulet rouge sur son désormais ex-partenaire, c’est tout simplement parce qu’il ne veut pas être accusé d’avoir brûlé la case le premier. Selon un proche de Katumbi, la dernière rencontre entre le fils Tshisekdi et le patron de TP Mazembe n’était pas du tout tendre. Déjà, poursuit notre source, ça faisait un bon moment que les deux hommes ne s’étaient plus parlé. «Félix a même décliné l’invitation de Katumbi pour l’Afrique du Sud», confie la même source.

A Limete, on fait état d’un conflit de leadership et de positionnement qui n’a que trop duré. Dans une interview accordée à un média en ligne, le porte-parole de l’UDPS a publiquement accusé le camp Katumbi d’avoir commandé des articles de presse contre Félix TShisekedi. Une info du genre avait été déjà répandue en décembre dernier après publication par un proche connu de Katumbi, d’un article traitant Félix TShisekedi de «fuyard des manifestations de rues». Mais pourquoi pareil comportement d’un supposé partenaire et financier de la plateforme? Tentative de réponse. Selon certains analystes, depuis le décès de Tshisekedi père, Moise Katumbi avait voulu -selon les accords passés- récupérer la tête du Rassemblement, ce qui lui confèrerait plus de visibilité au regard de ses ambitions politiques. «Normalement, après la revisitation des organes du Rassemblement, c’est Moise Katumbi qui devait en devenir président en remplacement de Félix qui était pressenti à la tête du Gouvernement. Ainsi, Pierre Lumbi allait rester président du Conseil des sages», renseigne un diplomate occidental en poste à Kinshasa. Malheureusement, les choses ne se sont passées ainsi. Au fil de temps, le sponsor financier avait commencé petit à petit à fermer les robinets, craignant d’alimenter un partenaire susceptible de se présenter le lendemain en chalenger de taille.

«Il ne donnait plus grand-chose pour la mobilisation loirs des marches populaires. De fois, c’est la veille de la marche qu’il envoyait une modique somme d’argent qui ne représentait rien par rapport à ce qui était attendu», s’indigne un membre de la Dynamique de l’Opposition avant de renchérir: «Fatshi a pris tout son temps d’observation et d’investigation. Il ne voulait écouter ce que les gens lui racontaient. Il a fini par les attraper main dans le sac».

Ya KAKESA