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Respect du code de la route en RD-Congo: Tshibala prêche par le bon exemple

Août 21, 2017 Rédaction Africa News

Contrairement à d’autres autorités civiles et militaires dont les incursions intempestives ne cessent de perturber la quiétude des usagers de la route, le cortège du Premier ministre actuel se garde de brûler le feu rouge et s’arrête comme tous autres conducteurs respectueux des normes

Les usagers de la route vivent des spectacles désolants et révoltants à longueur des journées dans la ville province de Kinshasa au point de se poser moult questions sur l’état mental de leurs auteurs. Quelqu’un qui vient de l’étranger ne peut pas d’emblée se hasarder au volant d’un véhicule pour conduire sur les artères de la ville de Kinshasa. Il est dans son intérêt de prendre un temps d’observation avant de s’y aventurer.

Et pour cause? La conduite d’un véhicule sur la voie publique répond à un ensemble des lois et règlements régissant l’utilisation des voies publiques, en particulier la circulation automobile. Les connaissances de ce code de la route en vigueur dans tous les pays des cinq continents sont exigées de tout requérant avant l’obtention du permis de conduire moyennant réussite aux examens. Ceci implique une grande discipline dans le comportement individuel et collectif des préposés de l’administration publique dans le contrôle effectif et l’évaluation des candidats conducteurs de véhicules.

Le respect strict de ces dispositions a été de mise en RD-Congo pendant plusieurs décennies,  de l’époque coloniale jusqu’à la deuxième République. C’est au cours de la décennie 1990’ que la descente aux enfers a été fortement exacerbée dans ce secteur. L’obtention du permis de conduire a quitté le circuit officiel pour se retrouver dans les mains des rabatteurs qui s’amusent depuis lors à les distribuer à qui mieux-mieux moyennant décaissement de quelques pièces sonnantes et trébuchantes.

Tiya mutu bakata: en avant pour la prise des risques

Des gens nullement formés déversés ainsi par milliers sur la voie publique au volant des véhicules constituent un danger potentiel permanent entretenu malheureusement à tous les niveaux. En dehors des Institutions publiques, des entreprises publiques et quelques unités de production des petites et moyennes entreprises, rares sont les gestionnaires qui se préoccupent du cursus des chauffeurs qu’ils engagent. En tout cas, très peu osent s’enquérir des conditions de l’obtention du permis de conduire par ces chauffeurs généralement formés sur le tas, d’autant plus que nombreux parmi ces derniers sont parachutés par voie de recommandations des proches parents, amis, connaissances, membres des partis politiques, courtisans, etc.

Qui sont au volant des engins qui sillonnent les grandes artères de la capitale? Donnez-vous la peine de poser quelques questions aux conducteurs des taxis, taxi-bus, motos ou véhicules privés sur la signification des rares panneaux de signalisation encore visibles au bord des routes et vous serez édifiés. Voulant tester le niveau des connaissances d’un chauffeur nouvellement engagé par son épouse, un opérateur environnemental de la place a été sidéré de s’entendre dire que cela était une exclusivité des patrons -wana po na bino ba mvuandu.

Sur les voies publiques, les usagers de la route assistent à des scènes rocambolesques. C’est à croire que la ville-province de Kinshasa disposerait de son propre code de la route aux antipodes des normes universellement reconnues. «Tiya mutu bakata», scandent-ils. En clair, ils vous poussent à prendre des risques, les autres conducteurs étant sensés comprendre votre préoccupation. Tenus de procéder à des versements journaliers contraignants auprès des propriétaires des véhicules affectés au transport en commun, ces chauffeurs se disputent le moindre espace pour ramasser le plus de clients en vue de faire d’une pierre deux coups : d’une part respecter leurs contrats et d’autre part, dégager une marge pour les besoins de leurs familles propres.

Des cortèges bruyants des dignitaires allergiques au code de la route

L’on assiste dès lors à des embouteillages d’un autre genre. Sous d’autres cieux, en cas de bouchons, les gens évoluent dans le respect des normes. A Kinshasa, dans les principaux carrefours, les chauffeurs se précipitent comme s’ils étaient à la foire dans des «autos scooters». Ils sont excités en cela par des receveurs dont l’accoutrement à la limite de la décence et l’impolitesse n’ont rien à envier aux «shégués» qui squattent les rues.

Que dire de la présence de la police affectée à la circulation routière? Si sur certaines grandes artères de la ville, la prestation de quelques-uns d’entre eux honore ce corps de métier, par contre l’intervention d’autres hommes en uniforme complique davantage  les bidons.

Dans la foulée, une autre catégorie d’usagers de la route s’invite au débat car ses irruptions intempestives sur les voies publiques soulèvent moult questions. Il s’agit des cortèges bruyants des autorités tant civiles que militaires qui seraient au-dessus du code de la route. Aussi curieux que cela puisse, la moindre parcelle de responsabilité dans les institutions publiques amène leurs détenteurs à afficher n’importe quel comportement sur les voies publiques. Leurs véhicules dont les plaques minéralogiques sont souvent masquées, roulent toujours à tombeau ouvert, effectuent des dépassements irréguliers, se déploient sur la voie opposée, ignorent le sens unique, se plaisent à brûler les feux rouges en permanence, etc.

Bruno Tshibala comme Tshisekedi wa Mulumba

Leurs accompagnateurs sont toujours prêts à exhiber leurs biceps pour intimider tous ceux qui osent leur céder le passage, à défaut de les précipiter dans les caniveaux, d’altérer la couleur, les rétroviseurs ou les tôles desdits véhicules, d’arracher même leurs plaques minéralogiques. Au nom de quelle disposition légale? Bref, c’est la loi de la jungle. Ceux qui ont l’habitude de voyager à l’extérieur des frontières nationales, savent ce dont nous parlons et quelle attitude ils adoptent à l’étranger. Pourquoi ne se comportent-ils pas ainsi une fois de retour dans leur propre pays?

Il y a quelques années, lorsque l’ancien président français Jacques Chirac a été élu à la magistrature suprême, les téléspectateurs kinois de «TV5» ont été agréablement surpris de voir son cortège pourtant encadré par des motards de la police nationale s’arrêter plusieurs fois aux feux rouges en plein Paris. Tout Kinshasa a crié à la vue de ces images. Fait rarissime dans le comportement des opérateurs politiques congolais, à l’exception d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba qui était très respectueux du code de la route.

L’actuel Premier ministre Bruno Tshibala tente de lui emboîter le pas. Plusieurs fois, les usagers de la route ont été surpris ces derniers temps de voir son cortège s’arrêter aux feux rouges. C’est ce qui fait les choux gras des taximen qui ne cessent d’interpeller les autres amoureux d’escortes bruyantes à en faire autant. Les dirigeants qui ont l’habitude de voyager sous d’autres cieux, doivent toujours prêcher par le bon exemple. Au lieu de chercher tout le temps à perturber la circulation, il leur est vivement recommandé de quitter leurs domiciles suffisamment à temps en vue d’éviter des désagréments inutiles à ceux qui sont respectueux des normes internationales du code de la route.

 

Des bases solides léguées par le ministre Lambert Mende Omalanga

Ceci pose aussi le problème du civisme à tous les niveaux. En jetant un regard scrutateur sur le passé, les anciens regrettent amèrement la détérioration des bases fondamentales de notre société. A l’époque à Kinshasa, l’encadrement de la jeunesse s’effectuait à plusieurs niveaux. De la cellule de base qu’est le foyer, tout enfant était pris en charge à l’école où lui étaient dispensés des cours significatifs sur les valeurs morales, spirituelles, culturelles positives et civiques -cours de religion, de morale, de civisme, etc.

Cet encadrement était complété par les mouvements associatifs axé sur le scoutisme tels que le mouvement xavérien des Frères de Saint François Xavier, ordre religieux fondé en 1839 et dédié à l’éducation catholique aux Etats-Unis, la Croix-Rouge, etc. La pratique sportive obligatoire dans les établissements scolaires procédait de la même logique sans oublier l’encadrement des parents et aînés du quartier de résidence. Force est de noter que tous ces creusets du savoir, du savoir-faire et du savoir-être ont volé en éclats.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Lambert Mende Omalanga a jeté les bases de l’enseignement de l’initiation à la nouvelle citoyenneté qui n’attendent qu’une exploitation judicieuse tant elles prennent en compte tous les secteurs-clés de la vie nationale pour un traitement de choc.

Tino MABADA