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Tshisekedi Day: 2 Rassop, 3 Udps, 3 Notre Dame… et 4 messes

Fév 02, 2018 Rédaction Africa News

Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Un nom. Une icône. Un fervent partisan de la non violence. Un combattant acharné qui durant plusieurs décennies, n’a pas marchandé ses peines pour l’avènement d’un Etat de droit en RD-Congo. De l’avis des observateurs avisés, tout le monde s’accorde à lui décerner des éloges par brassées en tant que père de la démocratie. Cet opérateur politique qui a tiré sa révérence il y a un an jour pour jour en Belgique, a cessé d’appartenir à sa famille biologique, encore moins à sa famille politique. Dr Etienne Tshisekedi est un monument national dont les idées sont déjà enseignées dans plusieurs universités africaines en attendant que les autorités RD-congolaises ne leur emboitent le pas.

 En Afrique et conformément aux coutumes   ancestrales, la mort d’une personne de cette dimension constitue une opportunité pour que tous ceux qui l’ont connue taisent leurs divergences et fument le calumet de la paix en vue de lui réserver des obsèques dignes de son rang.

Jeudi 1er février 2018, les proches parents de l’illustre défunt et ceux qui ont combattu à ses côtés ont offert un spectacle indigeste, morne et désolant. Alors que le commun des mortels s’attendait à ce que la mémoire de Tshisekedi soit honorée à travers une vaste communion d’esprit et de cœurs, on a plutôt assisté à une inflation de cultes religieux à travers la ville de Kinshasa. C’est comme si chacun cherchait à tirer la couverture de son côté.

 Valentin Mubake a convoqué ses troupes pour une messe de suffrages dite en l’église Notre Dame d’Afrique dans la commune de Lemba en sa qualité de coordonnateur du comité préparatoire du gouvernement alternatif nommé par Etienne Tshisekedi. Bruno Tshibala, Tharcisse Loseke et leur légion ont choisi Notre Dame du Congo à Gombe pour élever leurs prières vers le Très Haut. La famille biologique du Sphinx, l’aile politique de Limete conduites par Mgr Gérard Mulumba et Félix Tshilombo Tshisekedi ainsi que leurs alliés ont jeté leur dévolu sur Notre Dame de Lingwala.

L’UDPS a ainsi présenté l’image désastreuse d’une maison divisée à la faveur de la commémoration du premier anniversaire de la mort de son président Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Un syndrome de division que va exacerber Joseph Olenghankoy avec le énième culte religieux sollicité ce vendredi 2 février en la cathédrale Notre Dame du Congo pour le compte du RASSOP/Kasa-Vubu. En clair, contrairement aux habitudes, le deuil n’a pas eu lieu.    

 

Les héritiers politiques d’Étienne Tshisekedi sont en pleine commémoration de l’an 1 de sa mort. Un événement entaché du sceau d’une division inouïe aux antipodes de la lutte de rassembleur menée par l’illustre disparu. Décédé le 1er février 2017 dans la capitale belge, le corps du défunt vient de totaliser une année au funérarium de Bruxelles sans solution pour son enterrement définitif au pays. Pour célébrer ce premier anniversaire, des messes et autres manifestations ont été organisées un peu partout par ceux qui se réclament de lui. Cependant, cet anniversaire, moment de recueillement et de souvenir, a étalé au grand jour les démons de la division qui minent les relations entre ces héritiers politiques. Pour un même anniversaire, quatre offices religieux, voire davantage à travers la capitale RD-congolaise pendant que la diaspora se réunira en son tour à Bruxelles. Le premier célébré par Mgr Mulumba, frère cadet du défunt, a eu lieu  jeudi 1er février à 9h30’ en la cathédrale Notre Dame du Congo et a réuni la famille biologique, l’aile politique de l’UDPS/Limete et leurs alliés de divers partis politiques ayant pignon sur rue. L’aile Tshibala s’est retrouvée avec sa légion le même jeudi à 15h00’ à l’Eglise Notre Dame de Fatima à la Gombe. Quant à Valentin Mubake, ancien conseiller politique de Tshisekedi, il a choisi de regrouper les siens à l’Eglise Notre Dame d’Afrique à Lemba/Foire. Pour clôturer la liste, c’est Joseph Olengankoy qui organise, à son tour, un office religieux à Notre Dame de Fatima ce vendredi 2 février 2018.

A Notre Dame du Congo, on a vu les cadres du RASSOP Limete, entre autres, Pierre Lumbi, José Endundo, Christophe Lutundula, Vital Kamerhe et plusieurs grosses pointures du microcosme politique RD-congolais. Certainement, le président du RASSOP Kasa-Vubu, Joseph Olenghankoy, sera entouré de sa légion. Tout cela sans oublier ce qui se fera dans la capitale belge où repose encore le corps du défunt en attendant son rapatriement en RD-Congo. Ce qui pousse certains à parler de division, vocable que refuse d’entendre le secrétaire général de l’UDPS, Jean Marc Kabund. Pour ce dernier: «il n’y a pas de division au sein de l’UDPS». Accusant les autres en passant «d’être allés à la mangeoire alors qu’eux poursuivent le combat d’Étienne Tshisekedi. Étienne Tshisekedi est avec nous», clame-t-il.   Du côté Tshibala où l’on considère «les différentes manifestations comme la preuve de la grandeur politique  d’Étienne Tshisekedi», on semble préoccupé par cette situation à entendre le porte-parole de ce parti. «Nous sommes allés au Congrès pour consolider cette unité, pour amener ceux qui n’étaient pas avec nous de nous rejoindre pour consolider l’unité du parti», indique le porte-parole de l’UDPS aile Tshibala. Discours que Valentin Mubake qui se considère comme seul et légitime héritier politique d’Étienne Tshisekedi en sa qualité de Coordonnateur principal de la commission préparatoire du gouvernement alternatif de l’UDPS, nommé par Tshisekedi lui-même n’est pas prêt à entendre. Que Jean Marc Kabund refuse d’entendre le mot division, ne change pas grand chose. Car celle-ci, parmi les héritiers politiques, est un fait avéré. Peut-on espérer, malgré les positions tranchées des uns et des autres et les querelles d’ego parvenir à une réconciliation? Difficile d’y croire. Car l’UDPS, depuis sa création sous la deuxième République, a connu des départs et continuera d’en connaitre. Connus sous le vocable d’auto exclusion -de Kibassa, Birindwa, Lihau, Mbwankiem etc-. Ces différents départs ont quelque peu réduit l’envergure et l’audience de ce parti sur le plan national. Aujourd’hui, une année après la disparition de Tshisekedi, l’UDPS se retrouve confronter à la même réalité. Plus pour une question d’ego. N’importe comment la présente crise est irréversible et les positions des uns et des autres apparemment irréconciliables. Comment vont se comporter  les différents courants se réclamant de Tshisekedi ? Telle est la grande question  dont dépendra aussi demain leur survie politique. Au demeurant, la dépouille traine encore en Belgique. Ni les lamentations de la veuve Tshisekedi, ni les divisions internes au parti, les choses sont bloquées. Quand la famille politique et biologique accuse le gouvernement d’être à la base du non rapatriement de la dépouille craignant le débordement, le gouvernement accuse à son tour certains cadres de ce parti de vouloir faire de cette dépouille un fonds de commerce pour occuper des postes au sein des institutions du pays.

Philippe MBAYI