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UDPS: Kabund mitonne un Congrès non-statutaire 

Nov 18, 2017 Rédaction Africa News

Depuis plusieurs mois, les voix des combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- s’élèvent de tous les cinq continents pour réclamer l’organisation du congrès de ce grand parti politique considéré comme le fils aîné de l’Opposition. Les dirigeants aux commandes de l’UDPS viennent de lever l’option de procéder à la convocation d’un congrès extraordinaire devant permettre aux militants du sommet à la base de se choisir un nouveau président national du parti en remplacement de feu Dr Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l’UDPS, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Signée de la main du Secrétaire général Jean-Marc Kabund-a-Kabund, une décision portant création de la commission technique préparatoire du congrès extraordinaire a même été rendue publique mercredi 15 novembre 2017 à Kinshasa.

 

Cependant, quelques écueils de taille jonchent la voie de la matérialisation harmonieuse de cette décision au regard des difficultés d’application de l’article 27 des statuts de l’UDPS, tels qu’amendés en 1994 lors du Conclave de Bondeko et tels que modifiés et complétés lors du 1er Congrès de l’UDPS du 10 au 14 décembre 2010. Cette disposition prévoit le mécanisme de succession du président du parti en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif…

Curieusement, le contenu de cet article n’est pas bien connu de la grande majorité des militantes et militants de ce grand parti. Pour mémoire, en voici le libellé: «En cas de décès, de démission, d’empêchement définitif du président du parti, le président de la Convention démocratique du parti assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours au cours desquels il est tenu de convoquer une session extraordinaire du Congrès en vue d’élire un nouveau président du parti; élection à laquelle il ne peut faire acte de candidature».

Or, depuis 2010, la Convention démocratique du parti -CDP- n’a jamais été mise en place. De ce fait, cette structure a été dans l’incapacité de fonctionner, elle qui aurait dû convoquer le Congrès extraordinaire pour élire le nouveau président et ainsi remettre de l’ordre dans la maison suivant les normes. L’article 26 des statuts sus-évoqués reconnaît du reste à la CDP de grandes attributions, notamment l’examen du rapport de la situation générale du parti et de son fonctionnement présenté par la présidence du parti, l’application des résolutions du Congrès, le bon fonctionnement des organes du parti, la latitude de se prononcer sur les matières non réglementées par les Statuts, l’élaboration du Règlement intérieur, l’élaboration du budget, etc.

 

Harakiri

Force est de constater que le Sphinx de Limete ne l’a pas fait de son vivant. L’idéal aurait été de veiller à l’opérationnalité de la CDP, quitte à apporter les corrections et les réglages nécessaires pour son rendement optimal. L’UDPS a ainsi évolué sans la présence de cet organe essentiel et a choisi de se faire harakiri. Inévitablement, d’autres organes ont assumé les attributions de la CDP. Comment combler ce vide, car nombreux sont ceux qui clament urbi et orbi être dépositaires des idéaux du parti tout en évoluant soit au sein ou en dehors de ses structures. Cela fait désordre. C’est ce qui explique l’avalanche des sons de cloche divergents qui fusent de partout réclamant ce congrès extraordinaire. Or, il apparaît nettement que tout le monde n’a pas les mêmes motivations, ni le même agenda. Etienne Tshisekedi wa Mulumba n’est plus là physiquement, lui qui fédérait tout le monde autour d’un idéal commun dans son combat.

Lui seul détenait le charisme nécessaire pour une meilleure gestion des ambitions somme toute légitimes de ses protégés. Ceux qui détiennent les rênes de la gestion quotidienne du parti, se trouvent devant la responsabilité historique de rassembler les Tshisekedistes de tous les horizons, de refaire l’unité qui a volé en éclats au cours de ces dernières années avec ses effets hautement dévastateurs, d’assurer la réconciliation indispensable et de replacer cette formation politique en ordre de bataille avec tous les atouts indéniables. Voici que le SG Kabund a publié la décision mettant en place la commission technique préparatoire du congrès. Ce qui est applaudi des deux mains d’un côté et boudé d’un autre.

Cette difficulté est loin d’être insurmontable. Les observateurs avisés souhaitent vivement que la convocation de ce congrès se fasse dans le strict respect des Statuts. Comment atteindre cet objectif? Aux juristes et aux sages du parti de prendre suffisamment de hauteur, de faire fi de leurs égos, de privilégier la mémoire, les directives et l’intérêt supérieur du parti tel que légué par les pères fondateurs pour harmoniser les vues et ainsi baliser le chemin de ce grand rendez-vous tant attendu.

 

 KISUNGU KAS