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Un long et gros chapelet noir pendu sur le buste: voici Mgr Kamerhe

Jan 05, 2018 Rédaction Africa News

Encore lui, Vital Kamerhe! Prêchant «l’humilité et la tolérance» sur Twitter, le 14 décembre 2017, après les réactions suscitées par les photos postées sur la toile, où il a posé aux côtés de bonze de l’Opposition qu’il avait quittés avec fracas pour rallier le dialogue de la Cité de l’Union Africaine non sans faire part, dans une interview publiée le 15 septembre 2016 par Jeune Afrique, de son «rêve de donner à Kabila l’occasion de partir sans coup de feu», acceptant presque de faire sa confession publique comme l’a exigé son correspondant Gauthier Kalume, le président de l’UNC sait vraiment se mettre en situation d’opportuniste.

Dans un autre Tweet posté le 27 décembre 2017 et adressé particulièrement à Moïse Katumbi en ces termes: «Mon frère Moïse, nous devons consolider l’unité de l’Opposition pour redonner espoir à  notre peuple. Ton message va dans la droite ligne de notre détermination d’œuvrer ensemble pour un Congo fort au cœur de l’Afrique». Une belle profession de foi aussitôt trahie par une attaque aux allures de règlement des comptes à l’endroit de l’UDPS, accusée de tergiversations, dans un nouvel entretien à Jeune Afrique le 31 décembre 2017. «La seule voie qui s’impose à nous est celle de nous mettre ensemble pour chasser cette dictature abjecte de Kabila. C’est pourquoi je voudrais interpeller de la manière la plus claire l’UDPS -Union pour la démocratie et le progrès social. Ses tergiversations de ne pas vouloir être avec les autres en les accusant de ‘collabo’ font le jeu de Kabila. Car ce n’est pas un ‘collabo de Kabila’ qui allait donner du fil à retordre à la Garde républicaine à Bandalungwa», a tapé l’ancien Secrétaire général du PPRD avant de poursuivre: «Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Mbusa Nyamwisi et même Félix Tshisekedi l’ont déjà compris. Il faut donc que les camarades du parti de ce dernier lui facilitent la tâche».  Des réticences que certains cadres du parti Tshisekediste justifient par «la duplicité inquiétante de Vital Kamerhe, qui n’est pas un homme à rassurer après tous les coups donnés au parti, déjà du vivant d’Etienne Tshisekedi».

Kamerhe a disparu de Twitter depuis bientôt sept jours, le temps d’aller faire un double show à l’Eglise catholique, où l’animal politique a profité des opportunités offertes successivement par la marche du Comité Laïc de coordination de l’Eglise catholique -CLC-, le 31 décembre, et la messe dite par le Cardinal Laurent Monsengwo, le 4 janvier 2018 à Notre Dame. Si en la Cathédrale, Kamerhe en veste s’est disputé les premières rangées avec ses compères de l’Opposition, à la messe évoquée de la Paroisse Saint Michel de Bandalungwa, il a fait jaser avec une attitude pieuse d’un bon opportuno-situasionniste, chemise blanche assortie d’un long et gros chapelet noir pendu sur le buste, au point de tenter de voler la vedette aux organisateurs de la marche. «Kamerhe est devenu Mgr cette fois-ci», a lâché un brin moqueur une dame, la cinquantaine révolue, pendant la courte procession. Peu importe l’habit et le lieu, VK paraissait avoir juré de se mettre dans l’air du temps, surtout que les marches des Laïcs catholiques, qui ont promis de remettre ça, semblent accorder nouvel un espace de visibilité… politique. Qui sait si ce n’est pas par-là que le pontife de la Saint Sylvestre accomplira finalement son rêve de faire partir Kabila sans un seul coup de feu.

AKM